:: Dobrouska, un [drame] en Pologne du Dossier K ::

L'histoire
Pologne, octobre 1830. Un pays dépecé entre des régimes despotiques étrangers, à la veille d'une flambée révolutionnaire continentale. La rencontre fortuite de deux amis d'enfance sur un petit chemin non loin du village de Radomsko, quelques paroles gaîment échangées, des souvenirs, des confidences... il n'en faudra pas plus pour que s'effondre l'édifice vieillissant de la famille Dobrouski, et que ses membres soient projetés dans une tourmente fatale inexorable, comme autant d'abeilles brutalement tirées de leur torpeur. Passion, chantage, trahison, générosité, manipulation, tous thèmes que Dobrouska reprend et traite dans la plus pure tradition romantique, s'ordonnancent minutieusement dans une cadence implacable.

Mais cette mécanique dramatique aveugle, absurde et cruelle ne saurait-elle souffrir aucune entorse? Pourquoi diable faut-il toujours que ces histoires-là finissent si mal? Et pourquoi s'obstine-t-on encore à se dire que, peut-être, cette fois-ci, la fin sera meilleure? Si, rien qu'une fois...

Distribution
Écriture et mise en scène: Jérôme Junod et Jean-Sébastien Monzani
Comédiens: Emilie Aubert, Samuel Bendahan, Alain Härtel, Vincent Brayer, Gaël Cochand, Hélène Isoz, Sébastien Monachon, Gisèle Regamey, Jasmine Schwabe-Schott, Murielle Tenger et Mathieu Ziegler

Représentations
Grande Salle de Grand-Vennes, Lausanne
Le 17 mai 2001 à 20h30

Théâtre Superflu, La Chaux-de-Fonds
Le 19 mai 2001 à 20h30


Quelques précision du Dobrouska, par Jérôme

Les inspirations de Dobrouska
Dobrouska, un [drame] en Pologne, pièce créée spécialement pour le Dossier K, s'abreuve à plusieurs sources. Nous citons ici les plus évidentes. Il est amusant de relever que plusieurs de ces sources n'ont été découvertes qu'une fois l'écriture de Dobrouska bien entamée, et qu'il s'agit parfois d'heureuses coïncidences plus que de véritables paternités. Ecriture
Les conditions qui ont présidé à la genèse de Dobrouska étaient les suivantes: faire une pièce pour une dizaine de comédiens, avec des rôles aussi équivalents que possible, dans un mode pas forcément comique mais sans sérieux absolu pour autant. Après quelques ébauches de structures, j'en vins un jour de juillet 2000 à l'idée d'une pièce sur l'implication du spectateur par rapport à l'histoire à laquelle il assiste, en d'autres termes sur le rapport entre un spectateur (ou lecteur) et les personnages (contrairement à Pirandello, j'ai délaissé la relation acteur-personnage). Pour ce faire, il me fallait une histoire de base propre à subir les assauts d'attentes ou d'interprétation des spectateurs. Vieux nostalgique des formules romantiques du XIXe siècle, j'imaginai un drame amoureux. Par boutade, je m'imposai le nom de Dobrouska, par référence à l'utilisation traditionnelle de ce terme par le PIP au cours de nombreuses improvisations théâtrales du PIP en polonais (des recherches ultérieures m'ont d'ailleurs fait découvrir un petit village du nom de Dabruska en République tchèque, à quelques kilomètres de la frontière polonaise...). Fort de ce début, je m'attaquai à l'écriture d'un pastiche sérieux de drame, approfondissant les données pour lui donner une facture honorable. A partir de là, le manuscrit fit maints allers et retours entre l'ordinateur de Jean-Sébastien Monzani et le mien, pour gagner peu à peu sa forme actuelle, en particulier en incorporant les modifications qui nous ont paru idoines lors des répétitions.

Construction
Dobrouska est construit selon une tripartition en actes, valable tant pour le drame proprement dit que pour les perturbations qu'il subit. Le premier acte a pour fonction de mettre en place toutes les conditions de réalisation du drame, et nous montre l'intégralité des acteurs en présence, ainsi que l'échec d'une intervention par trop directe. Dans le deuxième, le drame éclate, déchirant ses premières victimes sans les réduire à néant; parallèlement, les interventions se font avec plus de finesse, et les spectateurs commencent à imprimer leur marque dans la narration sans pour autant la remettre profondément en cause. Lors du troisième acte, l'explosion est totale, aussi bien pour les malheureux personnages que pour la trame elle-même, qui se voit formidablement mutilée par des ingérences toujours plus brutales, pour s'achever sur un double apogée dramatique. L'histoire est-elle sauve? A chacun d'en juger.

L'avis de Jean-Sé
J'ai pris le texte de Jérôme et j'ai essayé de rajouter quelques gags qui me semblaient drôles.